Roadshow en Chine J. C. ROLLIER en Juin 2012

5 Juin, 2012

Mon voyage a débuté à Wendeng, une ville du nord-ouest de la Chine. J’étais invité à un symposium orthopédique où j’ai présenté notre expérience de 25 ans avec le système Corail® à revêtement HA. Nous avons déjeuné avec des chirurgiens de la région et partagé nos points de vue à propos de l’arthroplastie de la hanche. L’implant sans ciment est maintenant bien implanté en Chine. Dans les grandes villes ils utilisent de plus en plus des couples céramique-céramique.

Nous nous sommes ensuite rendus en voiture à Yantai, une ville près de la mer Jaune. J’ai pratiqué une intervention chirurgicale pour leur montrer comment implanter un implant Corail®. De nombreux chirurgiens implantent cette prothèse mais ils ont appris par eux-mêmes. Pendant cette intervention, j’ai pu leur expliquer la philosophie et la vraie technique chirurgicale. Craignant pour la stabilité primaire sans canal fit and fill, ils utilisent des tiges trop grandes, avec le risque de fractures fémorales. Ils n’utilisent pas de calque, donc ils ne savent pas exactement quel choix de tige ils devront faire. Mais heureusement ils progressent vite et ont de bons résultats fonctionnels avec cet implant.

L’étape suivante était Xintai. J’ai visité l’hôpital et j’ai été surpris par la différence de modernité entre les blocs opératoires et le reste de l’hôpital. J’ai vu en consultation quelques patients atteints d’ostéonécrose de la hanche pour lesquels était envisagée une prothèse de hanche. J’ai vu un jeune patient qui avait un descellement bipolaire dû à l’usure du polyéthylène 6 ans après l’implantation. Peut-être aurait-il été préférable d’utiliser un couple céramique-céramique pour ce patient mais ça aurait été trop cher pour lui. Les considérations économiques sont très importantes en Chine parce que les patients paient eux-mêmes leur intervention chirurgicale. J’ai ensuite fait un colloque avec les chirurgiens orthopédiques locaux et nous avons discuté de chirurgie primaire, de choix de couples, et aussi de chirurgie de révision. Un groupe de chirurgiens était intéressé par l’utilisation de calques, je leur ai donc montré les différentes étapes.

Nous avons pris le train à grande vitesse pour aller à Xian, l’une des plus grandes villes de Chine. J’ai rencontré les chirurgiens de deux grands hôpitaux. Dans l’un, 4 étages étaient dédiés à la chirurgie orthopédique. L’un d’entre eux était uniquement pour l’arthroplastie. Après un cours explicatif, nous avons discuté de leurs craintes à propos de la prothèse Corail®. « Comment puis-je être sûr de la stabilité primaire ? » était une question récurrente. J’ai répondu que les tests de stabilité primaire n’étaient pas différents des tests qu’ils effectuent pour les prothèses fit and fill. En fait on rape progressivement pour obtenir une bonne stabilité non seulement axiale mais aussi en torsion. Quand on obtient ces deux stabilités, la stabilité primaire est assurée. Lorsqu’on est débutant, il faut utiliser un calque avant l’intervention pour savoir exactement quelle taille et quelle sorte de tige utiliser. Il faut également utiliser une tige à collerette, la collerette étant comme une ceinture de sécurité. La deuxième question était : « Comment puis-je utiliser une prothèse Corail® standard en cas de coxa-vara ? ». Avec la prothèse Corail®, nous pouvons réaliser un col du fémur très bas coupé juste sous le petit trochanter, parce que la stabilité primaire ne sera pas assurée exclusivement dans cette partie. Si on effectue une coupe basse et on utilise un col court, on pourra utiliser la prothèse en cas de coxa vara sans allonger le membre.

Le dernier jour nous sommes revenus à Pékin en avion. Nous avons visité le troisième hôpital universitaire. Dans cet endroit, la chirurgie orthopédique occupe 6 étages. La traumatologie, l’arthroplastie et la médecine du sport sont à part. Par conséquent les chirurgiens sont plus spécialisés que dans les petites villes. Nous avons discuté du revêtement total par rapport au revêtement proximal. Je leur ai montré les résultats de l’ostéo-intégration des prothèses Corail® publiés dans le livre des 25 ans (éditions Sauramps). Nous avons observé qu’après 25 ans, la fixation a été réalisée pour moitié seulement dans le fémur proximal et l’autre moitié dans le fémur proximal et distal. On peut penser que dans de nombreux cas la fixation proximale est insuffisante. C’est pourquoi nous préférons utiliser un revêtement total pour être sûrs de la fixation de l’implant chez tous les patients.

Le second argument concerne l’usure du Polyéthylène, qui conduit à des granulomes du proximal et à l’ostéolyse. Par conséquent, lorsque nous utilisons un implant à fixation proximale, nous avons un risque de descellement à cause de ce phénomène. Dans notre série de 387 patients après 25 ans, nous avons démontré que la survie n’est pas affectée par l’ostéolyse proximale à cause de la fixation distale. En effet, quand nous avons dû revoir des patients pour des cas de descellement de cupule, nous avons juste eu à enlever les tissus granulomateux de la partie proximale et utiliser une allogreffe pour la reconstruire sans changer la prothèse, qui était stable. Pour finir je leur ai montré la procédure chirurgicale pour enlever une prothèse Corail® bien fixée dans des cas de révision due à des troubles biomécaniques, une luxation ou une différence de longueur de membre, par exemple.

J’ai ensuite pris l’avion pour la France. Ce voyage était intéressant parce que nous avons partagé une multitude de sujets autour de l’arthroplastie de la hanche. De nombreux chirurgiens sont convaincus par le concept Corail® et veulent en savoir plus. Je leur ai proposé de venir en France (Annecy et Lyon) dans le cadre d’une bourse d’étude ou seulement pour deux jours dans nos centres de visite. 4 sessions de formation Corail® sont aussi organisées à Annecy chaque année.

Archives